Situé sur l’île Hornos, qui fait partie de l’archipel chilien de la Terre de Feu, le phare du cap Horn surplombe la route des clippers qui reliait la Nouvelle-Zélande à l’Europe. Cet endroit détient le record du plus grand nombre de navires perdus en mer : plus de 800 d’entre eux ont sombré en tentant de franchir le cap. Entre le 15e et le 20e siècle, plus de 10 000 marins se sont ainsi noyés, loin de tout secours. Cette zone est ainsi le plus grand cimetière sous-marin du monde.
Le phare lui-même est une structure remarquable, avec une tour cylindrique en fonte peinte de bandes blanches et rouges. Il est géré par le personnel de la marine chilienne, qui y entretient également une station météorologique. Malgré l’ouverture du canal de Panama, qui a considérablement réduit la nécessité pour les navires de contourner le Horn, le phare reste une balise importante pour les navires qui traversent encore ces eaux.
Un phare dans la tempête
Le cap Horn souffre d’une réputation redoutable auprès des navigateurs, car la combinaison des forts vents d’ouest, des vagues massives et d’une forte élévation du fond de l’océan à proximité du cap Horn crée des conditions périlleuses pour la navigation.
Comme si cela ne suffisait pas, l’île est couverte de munitions qui n’ont pas encore explosé car les Chiliens y ont placé des mines lors du conflit du Beagle en 1978. En 2006, un projet a été lancé pour les éliminer. Cependant, il existe de nombreuses mines « non comptabilisées » sur les îles qui l’entourent.
Le phare du cap Horn, opérationnel depuis 1991, constitue une aide à la navigation vitale au sein de cet environnement hostile. Gérés par la marine chilienne, le phare du Cap Horn et sa station météorologique attenante sont entretenus par une famille qui s’occupe de la balise et de l’équipement de surveillance météorologique. La gestion du phare du cap Horn au cœur des vents glacés de l’Antarctique s’accompagne d’exigences professionnelles uniques. Le rôle de « gardien de phare au bout du monde » ne conviendra pas aux plus timorés.
Tout d’abord, seuls les membres de la marine chilienne peuvent prétendre à ce poste car il a une importance stratégique. Il faut pour accomplir cette mission faire preuve de vigilance et de dévouement, car le gardien joue un rôle crucial dans la sécurité maritime.
Deuxièmement, ce poste est exclusivement réservé aux hommes mariés et chargés de famille. Compte tenu de l’isolement extrême, il a été jugé essentiel que le gardien soit accompagné, la compagnie de l’albatros de passage ne suffisant pas. La présence d’une famille apporte le soutien nécessaire dans un environnement aussi isolé et hostile.
Il est intéressant de noter que la fonction est bénévole, mais que les candidats ne peuvent pas choisir leur affectation dans un phare. La marine sélectionne les occupants du phare chilien et les remplace tous les 12 mois. Le ravitaillement est prévu tous les 60 jours, si les conditions météorologiques le permettent. Cependant, les vents extrêmes retardent souvent les livraisons d’une semaine. Les tentatives de culture sous serre ont échoué en raison des conditions difficiles, malgré l’excellente qualité du sol de l’île.
Le mât radio et la station météorologique souffrent fréquemment du mauvais temps, entraînant des coupures de communication qui peuvent durer plusieurs jours. Malgré les progrès modernes, le cap Horn reste un endroit sauvage et dangereux qui met à l’épreuve la résilience de ses gardiens de phare.
Se rendre au phare du cap Horn : le voyage d’une vie
Atteindre le cap Horn est une aventure en soi. L’île est accessible par voie maritime ou aérienne, et quelle que soit l’option choisie, les voyageurs seront soumis aux caprices de la météo.
Par la mer : de nombreux voyageurs choisissent de visiter le cap Horn dans le cadre d’une croisière au cœur des fjords du sud de la Patagonie. Ces croisières partent souvent d’Ushuaïa, en Argentine, la ville la plus méridionale du monde. Le voyage permet de profiter d’une vue spectaculaire sur les glaciers, la faune et les paysages accidentés avant d’arriver au légendaire cap.
Par avion : pour ceux qui préfèrent ne pas s’aventurer sur l’eau, il est possible d’effectuer des vols panoramiques au-dessus du cap Horn en partant de Punta Arenas, cette option permet de profiter d’une vue aérienne à couper le souffle sur phare et ses environs.
Le phare du cap Horn est devenu une attraction touristique
Le phare lui-même est une structure modeste qui est conçue pour résister aux éléments. À proximité, une petite chapelle et un monument en l’honneur des marins qui ont péri dans ces eaux participent à la création d’une atmosphère singulière.
La visite du phare permet de découvrir l’un des endroits les plus isolés de la planète. Le gardien du phare accueille les visiteurs de passage et leur donne un aperçu de la vie quotidienne de ceux qui vivent au bout du monde. Une petite partie de la maison est même réservée aux dignitaires de passage et aux membres de la marine pour leur permettre de séjourner sur l’île.
Conseils pratiques
Préparez-vous à affronter les conditions météorologiques peu clémentes : le temps au cap Horn est très imprévisible. Des vents violents, de la pluie et même de la neige peuvent survenir à tout moment de l’année. Superposez plusieurs couches de vêtements et prévoyez des tenues imperméables pour rester au sec.
Respectez l’environnement : le cap Horn est un écosystème fragile. Veillez à ne pas laisser de traces de votre passage et suivez les directives locales afin de protéger l’écosystème naturel.
Planifiez votre voyage : compte tenu de la situation isolée du cap Horn, il est essentiel de planifier soigneusement votre voyage. Assurez-vous d’avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires et d’avoir pris toutes vos dispositions avant de partir.
Conclusion
Une visite au phare du cap Horn est loin d’être un voyage comme un autre ; vous découvrirez l’un des endroits les plus reculés et les plus chargés d’histoire de la planète. Pour les voyageurs et les routards à la recherche d’une aventure extraordinaire, une visite au phare offre un aperçu de la puissance brute de la nature et de l’intrépidité des humains qui ont mis à jour ces lieux.
Pas encore de commentaire
Pas encore de commentaire pour cet article
Laisser un commentaire